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Module 18 · Vacances et événements scolaires

Les événements scolaires où ton co-parent ne vient pas

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Les événements scolaires où ton co-parent ne vient pas

Les événements scolaires où ton co-parent ne vient pas

Ton enfant a levé les yeux depuis la scène, ou depuis le terrain, cherchant ses deux personnes du regard, et l’une d’elles n’était pas là. Ton co-parent avait dit qu’il viendrait et n’est pas venu, ou n’a rien dit et n’était tout simplement pas là, et ton enfant l’a remarqué. Tu as vu son visage au moment où il a compris, et maintenant tu tiens deux choses à la fois : la peine de ton enfant, et ta propre colère contre le parent qui l’a laissé tomber un jour qui comptait.

C’est l’un des moments les plus durs de la vie publique d’une famille séparée, parce que la déception est celle de l’enfant, qu’elle est visible, et qu’elle est causée par quelqu’un que tu ne peux pas maîtriser. C’est un sujet à aborder en douceur, parce qu’il y a une vraie peine dedans, pour l’enfant et sans doute pour toi. La façon dont tu gères le moment décide si l’enfant reste seul avec la déception ou s’il est tenu à travers elle.

Le siège vide qu’il a cherché des yeux

Aux événements scolaires, les enfants cherchent leurs personnes, et un enfant qui balaie le public du regard et trouve manquant un parent qu’il attendait, le ressent. Selon l’âge et selon l’enfant, ça peut se voir comme une tristesse visible, comme un visage composé qui masque la peine, comme de la colère plus tard, comme un silence que tu n’arrives pas tout à fait à situer, ou comme un enfant qui fait semblant de s’en moquer. Quelle que soit la forme, la déception est en général réelle, même quand l’enfant la minimise.

La première chose à savoir, c’est que tu ne peux pas remplir le siège vide, et que chercher à compenser à l’excès peut parfois le rendre plus visible encore. Ce que tu peux faire, c’est être pleinement, chaleureusement présent toi-même, pour qu’au moins, quand l’enfant balaie le public du regard, il te trouve, toi, solidement là, heureux de le regarder. Ta présence fiable n’efface pas l’absence, mais elle fait que l’enfant ne se retrouve pas avec personne. Être le parent stable et présent, c’est la chose la plus utile que tu puisses offrir sur le moment, plus que tout discours sur les raisons pour lesquelles le co-parent n’est pas venu.

Tenir la peine sans démolir le co-parent

Quand l’enfant montre sa déception, l’instinct se partage en deux, et les deux tiraillements sont forts. L’un, c’est de consoler en minimisant : ce n’est rien, ça n’a pas d’importance, ne sois pas triste. L’autre, c’est de prendre le parti de l’enfant contre le co-parent : je n’en reviens pas qu’il ne soit pas venu, c’est bien lui, ça. Les deux se comprennent, et les deux passent à côté de ce dont l’enfant a besoin.

Minimiser abandonne le sentiment. Un enfant à qui on dit que l’absence n’a pas d’importance, alors qu’elle en avait clairement pour lui, apprend que sa peine n’a pas droit de cité, et se retrouve seul avec elle. La déception est réelle et a besoin d’être accueillie, pas balayée.

Démolir le co-parent charge l’enfant autrement. Quand tu laisses voir ta colère contre le parent absent, ou que tu en rajoutes sur son manque de fiabilité, tu mets l’enfant en position de porter ton mépris pour quelqu’un qu’il aime, par-dessus sa propre peine. L’enfant a maintenant deux problèmes : le parent n’est pas venu, et le parent présent est en colère à ce sujet d’une manière qui rend toute l’affaire plus grande et plus lourde. Les enfants encaissent mieux une absence quand on les laisse ressentir leur propre déception, nette, que quand elle s’emmêle dans la colère d’un parent contre l’autre.

Le chemin entre les deux, c’est de valider honnêtement le sentiment de l’enfant tout en gardant ta propre colère en dehors. « Je t’ai vu chercher ton papa. C’est vraiment décevant quand quelqu’un qu’on voulait là n’est pas là. C’est normal d’être triste à cause de ça. » Tu accueilles la peine, tu la nommes, tu la laisses être réelle, et tu n’ajoutes pas ton commentaire sur le co-parent. L’enfant a le droit d’avoir son sentiment, pleinement, sans avoir aussi à gérer le tien.

Ne fais pas de promesses que tu ne peux pas tenir

Il y a un piège voisin : couvrir le co-parent avec des explications et des réconforts qui risquent de ne pas tenir. Je suis sûr qu’il avait une très bonne raison. Il voulait vraiment être là. Il viendra la prochaine fois, c’est promis. Ça part d’un bon instinct, protéger l’enfant du plein poids de la déception et préserver l’image du co-parent. Mais ça peut se retourner, surtout si l’absence fait partie d’un schéma, parce que ça pose des attentes que le co-parent ne tiendra peut-être pas, et un enfant à qui on répète que le parent viendra la prochaine fois, et qui ne vient pas, apprend à se méfier du réconfort et se retrouve blessé une fois de plus.

Une posture plus honnête ne démolit pas et n’excuse pas trop. Tu n’as pas à expliquer ni à défendre l’absence du co-parent ; tu peux simplement rester avec le sentiment de l’enfant et avec ce qui est vraiment vrai. « Je ne sais pas pourquoi ton papa n’a pas pu être là aujourd’hui. Je sais que c’est décevant. Je suis vraiment content d’avoir pu te regarder. » Tu ne condamnes pas et tu ne fais pas de promesses que tu ne peux pas tenir. Tu es honnête sur le fait de ne pas savoir, honnête sur la déception, et chaleureusement présent toi-même. Cette honnêteté, alliée à ta présence stable, tient l’enfant mieux que ne le ferait une défense ou une attaque.

Pour un enfant plus grand surtout, capable de voir clairement le schéma, les faux réconforts sonnent creux et peuvent donner l’impression d’être mené en bateau. Il va en général mieux avec une reconnaissance honnête, qui respecte ce qu’il perçoit déjà.

Quand l’absence est un schéma

Un seul événement manqué, c’est une chose ; un parent qui, de façon répétée, ne vient pas, c’en est une autre, et ça déborde sur un territoire plus vaste et plus difficile. Quand les absences forment un schéma, quand l’enfant est déçu encore et encore par un parent peu fiable, la façon de gérer le moment, décrite plus haut, vaut toujours, mais il y a en dessous un enjeu plus profond que le cadre des fêtes et des événements ne peut pas pleinement traiter.

Cet enjeu plus profond, le co-parent durablement peu fiable ou absent et comment aider un enfant qui fait le deuil de ce manque de fiabilité, c’est le territoire du module dédié au co-parent peu fiable ou absent. Si tu reconnais ta situation dans le mot schéma, ce module en parle plus pleinement, y compris comment aider un enfant à donner du sens à un parent qui n’arrête pas de ne pas venir, sans défendre l’indéfendable ni détruire la relation de l’enfant avec un parent qu’il aime peut-être encore et dont il a peut-être encore besoin.

Pour l’événement manqué isolé, cependant, le travail est contenu et faisable : être présent toi-même, accueillir honnêtement la déception de l’enfant, garder ta propre colère en dehors, et ne pas faire de promesses au nom du co-parent. L’enfant peut absorber une déception sans mal quand un parent stable l’aide à la ressentir, nette.

Pour finir

Quand le co-parent ne vient pas à un événement, ton enfant balaie le public du regard et trouve un siège vide, et la déception est réelle même quand il la minimise. Tu ne peux pas remplir le siège, mais tu peux être pleinement, chaleureusement présent toi-même. Accueille la peine de l’enfant honnêtement, sans la minimiser et sans démolir le co-parent, car ajouter ta colère à sa déception le charge des deux. Évite les excuses et les promesses que tu ne peux pas tenir, en restant honnête sur le fait de ne pas savoir et chaleureux dans ta propre présence. Et là où les absences forment un schéma, le module sur le parent peu fiable parle du travail plus profond.

Ton enfant a trouvé un siège vide là où il espérait un parent. Tu ne peux y mettre personne, mais tu peux faire en sorte qu’il ne reste pas seul avec la déception, tenu par le parent qui, lui, est venu.

Tu ne peux pas remplir le siège vide. Tu peux faire en sorte que ton enfant ne reste pas seul devant lui, sa peine accueillie, nette, par le parent qui s’est présenté.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.