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Module 17 · Quand l'autre parent ne va pas bien

Quand ton co-parent ne vient pas

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

Tous les âges8 min de lecturePierre angulaire
Quand ton co-parent ne vient pas

Quand ton co-parent ne vient pas

C’est encore arrivé. L’autre parent devait avoir les enfants ce week-end, ou appeler, ou venir les chercher, et il ne l’a pas fait. Peut-être qu’il a annulé à la dernière minute, peut-être qu’il n’est tout simplement pas apparu, peut-être que le contact promis s’est volatilisé sans un mot. Et tu te retrouves avec un enfant déçu sur les bras et ton propre mélange, désormais familier, de colère, d’inquiétude et de lassitude, à te demander combien de fois ça peut se reproduire et ce que ça fait à ton enfant.

C’est la porte d’entrée d’un module difficile, celui des parents dont le co-parent n’est pas fiable, pas présent, ou, dans certains cas, pas sûr. Si tu es là, le reste de la bibliothèque t’a peut-être semblé écrit pour une situation plus douce que la tienne : deux parents raisonnables, présents, en train de chercher des solutions. Ta réalité est plus dure, et ce module est pour elle. Cette partie parle du parent peu fiable, celui qui n’arrête pas de ne pas venir.

Un mot avant de commencer. Ce module tient deux vérités à la fois. Certaines de ces situations s’améliorent, d’autres non. Le texte ne fera pas comme si tout pouvait se réparer à coups de meilleure communication, parce que parfois ce n’est pas le cas. Il ne traitera pas non plus ta situation comme sans espoir, ni ton co-parent comme incapable de tout changement, parce que parfois les choses bougent vraiment. La position honnête se tient quelque part entre les deux, et c’est là qu’on va essayer de rester.

Si tu n’es pas en sécurité dans ta relation, ou si tu crains pour la sécurité d’un enfant, cet article n’est pas le bon endroit pour commencer. En France, tu peux appeler le 3919 (Violences Femmes Info), et le 119 (Allô Enfance en Danger) si la sécurité d’un enfant est en jeu. Le reste de la bibliothèque sera là quand tu seras prêt.

Ce que l’absence fait à un enfant

Un enfant compte sur les personnes qu’il aime pour être là. Quand un parent, de façon répétée, ne vient pas, l’enfant absorbe quelque chose de douloureux, non pas en un coup spectaculaire, mais par accumulation de petites déceptions qui finissent par former une dure leçon : qu’on ne peut pas compter sur ce parent. Le week-end annulé, l’appel qui n’est jamais venu, le projet qui est encore tombé à l’eau, chacun est une petite blessure, et répétés, ils apprennent à l’enfant à s’attendre à être déçu par quelqu’un qui est censé être un socle.

C’est réellement néfaste, et ça vaut la peine de le nommer honnêtement plutôt que de le minimiser. Un enfant qui a un parent peu fiable porte souvent une vraie peine, et parfois une discrète culpabilité, la pensée magique selon laquelle, s’il était différent, plus aimable, meilleur, le parent viendrait. Il peut osciller entre l’espoir et la déception, s’emballant à chaque fois et s’effondrant à chaque fois. Il peut finir par se protéger en faisant semblant de s’en moquer, ce qui n’est pas la même chose que s’en moquer. Cette inconstance coûte à l’enfant quelque chose de réel.

Tu ne peux pas faire que ça ne fasse pas mal, et prétendre le contraire ne sert à rien. Ce que tu peux faire, c’est façonner la manière dont l’enfant vit cette inconstance et lui donne du sens, ce qui a un grand effet sur l’ampleur des dégâts durables qu’elle laisse. Un enfant qui a un parent peu fiable mais un autre parent stable et soutenant, qui l’aide à traverser les déceptions, s’en sort bien mieux qu’un enfant laissé seul avec sa peine. Ton rôle est considérable, même si tu ne peux pas réparer la source du problème.

Ce que tu ne peux pas contrôler, et ce que tu peux

Une grande part de la souffrance, dans cette situation, vient d’essayer de contrôler ce qu’on ne peut pas : la fiabilité de l’autre parent. Tu ne peux pas le faire venir. Tu ne peux pas le faire tenir ses promesses, faire passer les enfants en premier, ni le transformer en le parent que tu voudrais qu’il soit. C’est dur et douloureux à accepter, et l’accepter est aussi libérateur, parce que ça te permet d’arrêter de verser ton énergie dans l’impossible et de la rediriger vers ce sur quoi tu as vraiment prise.

Ce que tu peux contrôler, c’est ta propre réponse, et elle est plus puissante qu’elle n’en a l’air. Tu peux être celui sur qui on peut compter, le socle stable qui ancre l’enfant quel que soit le chaos de l’autre parent. Tu peux aider l’enfant à donner du sens à la déception d’une manière qui le protège. Tu peux éviter d’ajouter ta propre colère à sa peine. Tu peux décider de la façon dont les absences sont gérées concrètement. Et tu peux chercher l’aide et les cadres qui existent pour les organisations chroniquement peu fiables, ce que les articles suivants de ce module abordent.

Ce déplacement, d’essayer de réparer l’autre parent à te concentrer sur ce que tu peux vraiment faire pour l’enfant, c’est le socle qui permet de traverser cette situation en gardant le bien-être de ton enfant aussi intact que possible. La fiabilité de l’autre parent lui appartient. La façon dont l’enfant vit cette inconstance, elle, est quelque chose que tu peux vraiment façonner.

Amortir pour l’enfant sans mentir

Quand un parent ne vient pas, tu dois dire quelque chose à l’enfant, et trouver la bonne chose est délicat. Deux réflexes tirent dans des directions peu utiles, et le chemin passe entre les deux.

Un réflexe, c’est de couvrir l’autre parent avec des excuses et de fausses promesses. « Il est sûrement juste très occupé. Il avait vraiment envie de venir. Il sera là la prochaine fois, c’est promis. » Ça vient du désir de protéger l’enfant de la vérité douloureuse, mais ça se retourne contre toi, surtout face à un schéma qui se répète, parce que ça installe des attentes qui se brisent encore, ce qui apprend à l’enfant que ces promesses sont creuses et le laisse blessé à neuf à chaque fois. Tu ne peux pas continuer à promettre une fiabilité que tu ne contrôles pas.

L’autre réflexe, c’est de laisser ta colère paraître, de dire à l’enfant à quel point l’autre parent est peu fiable et égoïste. Ça charge l’enfant de ton mépris pour un parent qu’il aime, et ça le met au milieu d’un désaccord d’adultes par-dessus sa propre déception.

Le chemin entre les deux est honnête, adapté à son âge, et chaleureux, sans fausses excuses ni condamnation. Tu reconnais la déception comme réelle. Tu ne fabriques pas de raisons que tu ne peux pas assumer. Tu n’attaques pas l’autre parent. Et tu offres à l’enfant ta propre présence stable comme la chose sur laquelle il peut compter. « Je sais que tu avais vraiment hâte de voir Papa, et il n’est pas venu. C’est décevant, et tu as le droit d’être triste ou en colère. Je ne sais pas pourquoi il n’est pas venu. Ce que je sais, c’est que je suis là, et que je t’aime. » Tu as accueilli le sentiment, tu es resté honnête, tu as gardé ta colère en dehors de ça, et tu as ancré l’enfant dans ta présence fiable. Cette combinaison protège l’enfant mieux que les excuses ou que la vérité dite avec une pointe d’amertume.

Pour un enfant plus grand, qui voit clairement le schéma, l’honnêteté compte encore plus, parce que les fausses promesses insultent ce qu’il perçoit déjà. Il va mieux avec une reconnaissance calme de la réalité, doublée de ton soutien stable, qu’avec la défense de l’indéfendable.

Être celui sur qui on peut compter

La chose la plus protectrice que tu puisses faire pour un enfant qui a un parent peu fiable, c’est d’être toi-même fiable sans faille. Un enfant peut bien mieux supporter un lien d’attachement peu fiable quand il en a un autre, solide comme un roc. Ta stabilité, le fait que tu sois là, que tu tiennes tes promesses, ta présence sur laquelle on peut compter, devient la base de sécurité qui tient l’enfant même quand l’inconstance de l’autre parent le secoue.

Ça veut dire être scrupuleux sur ta propre fiabilité, puisque tu portes désormais une plus grande part du besoin de constance de l’enfant. Tenir tes promesses, être là où tu dis que tu seras, être le parent sur qui l’enfant peut absolument compter. Ça veut dire aussi être la présence stable et calme qui aide l’enfant à traverser les déceptions que l’autre parent provoque, celui qui est là pour le tenir à travers les coups durs plutôt que d’en rajouter. Avec le temps, ta fiabilité fait un vrai travail : elle donne à l’enfant au moins un socle qui ne bouge pas, et c’est une grande partie de ce qui le protège du pire des effets de l’inconstance.

C’est un rôle lourd, qui porte plus que ta part du besoin d’un parent fiable, et ça vaut la peine de reconnaître que c’est beaucoup à tenir, surtout sur la durée. La dernière partie de ce module, sur la réalité du parent seul à assurer, parle directement de cette charge. Pour l’instant, le point central, c’est que ta fiabilité est la protection la plus puissante dont dispose ton enfant, et qu’elle est entièrement entre tes mains.

Pour finir

Un co-parent qui, de façon répétée, ne vient pas, blesse un enfant par une accumulation de déceptions qui lui apprennent à ne pas compter sur quelqu’un censé être un socle, et c’est réellement néfaste, d’une manière qui vaut la peine d’être nommée honnêtement. Tu ne peux pas contrôler la fiabilité de l’autre parent, et essayer de le faire est une source de beaucoup de souffrance gaspillée ; ce que tu peux contrôler, c’est ta propre réponse, plus puissante qu’elle n’en a l’air. Amortis pour l’enfant avec honnêteté et chaleur plutôt qu’avec de fausses excuses ou de la condamnation, en accueillant la déception, en gardant ta colère en dehors de ça, et en ancrant l’enfant dans ta présence stable. Et surtout, sois celui sur qui on peut compter, puisqu’un enfant peut bien mieux supporter un lien peu fiable quand il en a un autre, solide comme un roc, que ta présence fiable lui apporte.

Tu ne peux pas faire venir ton co-parent. Tu peux être le parent qui, lui, vient toujours, et cette stabilité est une grande partie de ce qui porte ton enfant à travers la déception d’un parent qui ne vient pas.

Tu ne peux pas le rendre fiable. Tu peux être le socle qui ne bouge pas, et un enfant qui a un parent stable peut supporter beaucoup d’un parent qui ne l’est pas.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.