L’anniversaire du parent qui « n’est pas de garde »
By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

L’anniversaire du parent qui « n’est pas de garde »
C’est l’anniversaire de ton co-parent, et ton enfant veut faire quelque chose. Fabriquer une carte, acheter un petit cadeau, appeler, marquer le coup d’une manière ou d’une autre. Et ça retombe sur toi, parce que l’enfant est avec toi et qu’il est trop petit pour s’organiser seul, et parce que la personne dont c’est l’anniversaire se trouve être celle dont tu t’es séparé. Une petite chose, et pourtant elle peut peser un peu de travers : aider ton enfant à fêter l’anniversaire de quelqu’un qui n’est plus la personne de ta vie.
C’est un coin tranquille, précis et réfléchi de la co-parentalité, et il vaut un instant, parce que la façon dont tu le gères apprend à ton enfant quelque chose de vrai. L’anniversaire de ton co-parent est une occasion que l’enfant veut honorer, et la question, c’est de savoir si tu l’aides à le faire librement, alors même que la journée concerne quelqu’un pour qui tu as peut-être des sentiments compliqués.
Le souhait de l’enfant, c’est la partie simple
Du côté de l’enfant, c’est sans complication. Il aime son autre parent, c’est l’anniversaire de ce parent, et il veut le marquer, comme les enfants veulent naturellement fêter les gens qu’ils aiment. Ce souhait est sain et bon. Un enfant qui veut faire plaisir à son autre parent le jour de son anniversaire montre exactement le genre d’attachement chaleureux et intact que tu veux qu’il ait.
La complication est entièrement du côté des adultes. L’enfant n’est pas en conflit à l’idée de fêter son parent ; il ne le devient que s’il sent que toi, tu l’es, que l’aider à fêter le co-parent est gênant pour toi, te coûte quelque chose, ou n’est pas tout à fait le bienvenu. La tâche consiste donc surtout à empêcher tes propres sentiments de compliquer, pour l’enfant, une chose simple.
Aide-le, pleinement et avec chaleur
Le geste, c’est d’aider ton enfant à fêter l’anniversaire de ton co-parent pleinement et avec chaleur, comme s’il s’agissait de n’importe quelle autre personne qu’il aime. Aide-le à fabriquer la carte. Emmène-le choisir un petit cadeau si c’est ce qu’il veut. Veille à ce qu’il ait la possibilité d’appeler, d’écrire ou de voir le parent le jour J. Traite tout ça comme l’expression normale et toute douce de l’amour d’un enfant que c’est, justement.
Le faire sans aucune réticence visible, c’est ça, le cadeau. Un enfant qu’on aide, facilement et avec chaleur, à fêter son autre parent apprend que son amour pour ses deux parents est pleinement en sécurité et soutenu dans les deux foyers. Un enfant qui sent passer un éclair de ressentiment, une petite froideur, l’impression que c’est difficile pour toi, apprend l’inverse : qu’aimer un parent devant l’autre porte un petit coût, et il se met à le gérer, à le cacher, à en ressentir une vague culpabilité. C’est l’éclair qui fait les dégâts, plus que les mots.
Ça te demande de mettre de côté, pour le bien de l’enfant et hors de sa vue, quels que soient tes propres sentiments envers ton co-parent. Ces sentiments sont valables et ils ont leur place, avec ton propre soutien, du côté « pour toi » de ce travail. Ils n’ont pas leur place dans l’expérience qu’a l’enfant de fêter son parent. La séparation, c’est entre ton co-parent et toi. L’amour entre l’enfant et ce parent est une chose à part, et l’anniversaire porte entièrement sur cette seconde chose.
Ce que tu n’as pas à faire, et ce que tu fais
Pour être clair sur les limites : tu n’as pas à fêter ton co-parent toi-même. Il ne s’agit pas que tu marques son anniversaire ni que tu feignes une chaleur que tu n’éprouves pas envers lui. Ce n’est pas toi qui fêtes ; tu aides ton enfant à fêter. La carte vient de l’enfant, pas de toi. Le cadeau est le geste de l’enfant, pas le tien. Tu facilites l’amour de l’enfant, tu n’es pas partie prenante d’une relation qui est terminée.
Ce que tu fais, c’est rendre cette facilitation simple et chaleureuse. Tu ne fais pas obstacle, tu ne compliques pas, tu ne laisses pas la chose devenir lourde. Tu ne questionnes pas l’enfant à ce sujet et tu ne lui donnes pas le sentiment qu’il fait quelque chose de délicat. Tu aides, simplement, comme tu l’aiderais à fêter un grand-parent ou un ami, puis tu laisses ça être le joli petit geste de l’enfant envers quelqu’un qu’il aime.
Là où le côté pratique demande de la coordination, veiller à ce que l’enfant puisse effectivement joindre le co-parent le jour J par exemple, ça passe par le canal habituel, gardé simple et tourné vers la suite. Plus tu gardes l’ensemble calme et naturel, plus la chose reste ce qu’elle devrait être : un petit acte ordinaire de l’amour d’un enfant, soutenu sans en faire un drame.
Ce que ça apprend
Ce petit moment apprend à ton enfant quelque chose de plus grand que lui. Il apprend que l’amour survit à une rupture entre adultes. Que la fin de la relation des parents n’a pas mis fin, et n’a pas le droit d’interférer avec, les relations de l’enfant avec chacun d’eux. Qu’il peut aimer ses deux parents ouvertement, y compris devant l’autre, sans que ce soit un problème. C’est une leçon profonde, et elle se transmet non par un discours mais par la simple aisance avec laquelle tu lui tends de quoi fabriquer la carte et l’aides à choisir un cadeau pour le co-parent.
Un enfant qui apprend ça grandit avec son amour pour ses deux parents intact et léger. Un enfant qui ne l’apprend pas apprend à cloisonner son amour, à gérer les sentiments des adultes, à vivre la séparation comme quelque chose qui restreint ses propres affections. L’anniversaire du co-parent est une petite occasion, qui revient, d’enseigner la meilleure leçon, une carte à la fois.
Pour finir
Quand c’est l’anniversaire de ton co-parent et que ton enfant veut le marquer, le souhait de l’enfant est simple et sain ; toute complication est du côté des adultes. Aide ton enfant à fêter pleinement et avec chaleur, sans l’éclair de réticence qui apprend à un enfant que son amour porte un coût, en mettant tes propres sentiments de côté et hors de sa vue. Tu n’as pas à fêter ton co-parent toi-même, seulement à faciliter le geste de l’enfant avec aisance, comme tu le ferais pour quiconque l’enfant aime. Et sache que ce petit acte enseigne la grande leçon : l’amour survit à la rupture entre adultes, et l’enfant peut aimer ses deux parents ouvertement.
Aide-le à fabriquer la carte sans y réfléchir à deux fois, et tu apprends à ton enfant que son amour pour ses deux parents est en sécurité, entier, et à lui de donner librement.
La carte vient de ton enfant, pas de toi. Aide-le à la fabriquer avec chaleur, et tu lui apprends que l’amour entre lui et son autre parent n’a jamais été le tien à compliquer.
Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.