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Module 18 · Vacances et événements scolaires

L’anniversaire : le tien, le sien, celui des deux

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

Tous les âges7 min de lecturePierre angulaire
L’anniversaire : le tien, le sien, celui des deux

L’anniversaire : le tien, le sien, celui des deux

L’anniversaire de ton enfant approche, et ce qui n’était au fond qu’un moment d’enfance tout simple est devenu une question de logistique chargée d’émotions. Une fête ou deux ? Dans quel foyer ? Est-ce que les deux parents viennent à la même, et est-ce que vous supporterez d’être dans la même pièce ? Qui invite les copains, qui achète le gâteau, qui paie ? Et sous tout ça, ce souhait que l’anniversaire de ton enfant puisse n’être que l’anniversaire de ton enfant, au lieu d’une chose de plus que la séparation est venue compliquer.

Les anniversaires reviennent chaque année, ils touchent à l’émotion, et ils sont vraiment gérables. Le principe qui les fait fonctionner est le même que celui qui traverse tout ce module. Le jour appartient à l’enfant, pas aux adultes. Tant qu’on s’y tient, la plupart des questions d’anniversaire trouvent leur réponse toutes seules. Dès qu’on le perd de vue, même un anniversaire bien organisé devient une journée tendue que l’enfant doit gérer.

Une fête ou deux

La première question, en général, c’est de savoir s’il y a une fête ou deux. Il n’y a pas de bonne réponse unique ; ça dépend de l’enfant, de l’âge, de la relation entre les co-parents, et de ce que l’enfant souhaite vraiment.

Deux célébrations séparées, une dans chaque foyer, ça marche bien pour beaucoup de familles, et c’est souvent l’option qui crée le moins de tensions. L’enfant a une fête dans chacun de ses deux foyers, les parents n’ont pas à partager un espace, et il n’y a aucune tension à gérer. Le risque, c’est que deux fêtes puissent glisser vers la compétition, chaque foyer essayant de faire mieux que l’autre, ce que l’enfant ressent. Si on les garde hors de toute rivalité, chaque foyer offrant simplement une fête chaleureuse sans référence à l’autre, deux fêtes, c’est une formule tout à fait valable, et souvent la plus paisible.

Une fête commune, avec les deux parents présents, ça marche pour les familles dont la relation co-parentale peut le porter. Son avantage est de taille : l’enfant vit l’expérience puissante de ses deux parents réunis, en train de le fêter, ce que beaucoup d’enfants de la séparation désirent profondément. Son exigence l’est tout autant : les deux parents doivent être capables d’être dans la même pièce sans une tension que l’enfant absorbera. Une fête commune secrètement tendue est pire que deux fêtes séparées et calmes. La question n’est pas de savoir si une fête commune est idéale dans l’absolu, mais si vous deux pouvez vraiment y arriver sans que l’enfant en paie le prix.

Le souhait de l’enfant compte ici, surtout en grandissant. Un enfant qui rêve d’une seule fête avec tout le monde, ou qui préférerait nettement deux fêtes séparées, te donne une vraie information. Quand c’est possible, suivre la préférence de l’enfant pour son propre anniversaire est un bon réflexe, parce que c’est son jour à lui.

Les deux parents à une seule fête

Pour les familles qui envisagent la fête commune, le seuil est précis et mérite qu’on soit honnête. Les deux parents doivent être capables d’être présents, courtois, et vraiment tournés vers l’enfant plutôt que l’un vers l’autre ou vers la tension entre eux. Si tu peux faire ça, une fête commune est un cadeau pour l’enfant. Si tu ne peux pas, deux fêtes séparées protègent l’enfant bien mieux qu’une fête commune tenue les dents serrées.

C’est un endroit où il faut s’évaluer honnêtement, pas rêver. Le souhait de donner à l’enfant une fête heureuse avec ses deux parents est magnifique, et il ne vaut la peine d’être suivi que si la réalité peut s’y accorder. Un enfant qui regarde ses deux parents jouer la courtoisie au-dessus d’un courant d’hostilité, le jour de son anniversaire, apprend que sa fête est une scène pour les tensions des adultes. Un enfant qui regarde ses deux parents vraiment détendus ensemble, même brièvement, reçoit quelque chose de précieux. Sois sincère sur celle des deux que tu offrirais vraiment.

Là où une fête entièrement commune, c’est trop, mais où la séparation totale est triste, il existe des options intermédiaires. Les deux parents à la fête, mais l’un n’y venant que pour une partie. Un moment de gâteau partagé sans toute une fête commune. Un passage de relais à la fête, bref et calme. La forme peut s’ajuster à ce que la relation co-parentale peut vraiment porter, au lieu d’être forcée dans un choix de tout ou rien.

Qui paie, et les cadeaux

Les questions pratiques, qui paie la fête et comment fonctionnent les cadeaux, se gèrent au mieux comme on gère l’argent et les cadeaux en général : par une coordination calme plutôt que par la rivalité ou la comptabilité des comptes. Les articles sur l’argent et les cadeaux traitent les mécanismes en détail. Quelques notes propres à l’anniversaire.

Côté budget, les approches les plus justes consistent en général soit à ce que chaque foyer assume sa propre fête, soit à ce que les parents se partagent le coût d’une fête commune d’une manière convenue. Ce qui compte le moins, c’est le partage exact ; ce qui compte le plus, c’est que ce soit réglé calmement à l’avance, au lieu de devenir une source de ressentiment qui vient teinter la journée.

Côté cadeaux, le piège, c’est la surenchère, chaque foyer essayant d’offrir le présent le plus gros, le plus impressionnant, pour être le préféré. C’est la compétition des cadeaux contre laquelle l’article sur les familles recomposées met aussi en garde, et c’est l’enfant qui la paie, lui qui sent bien que les cadeaux parlent en réalité de la rivalité entre les parents. L’antidote, c’est de découpler ce que tu offres de ce qu’offre l’autre foyer, de donner ce qui convient à ton enfant et à tes moyens plutôt que ce qui répond au cadeau de l’autre foyer, et, là où le canal le permet, de te coordonner légèrement pour éviter les doublons ou pour partager quelque chose que l’enfant désire vraiment. Un cadeau réfléchi, qui correspond à l’enfant, vaut mieux qu’un cadeau cher acheté pour gagner.

Le jour de l’enfant, pas la scène des adultes

Le fil qui traverse toutes les questions d’anniversaire est le principe le plus simple et le plus important. L’anniversaire appartient à l’enfant. Chaque décision, une fête ou deux, commune ou séparée, qui paie, quels cadeaux, se prend au mieux en se demandant ce qui sert l’expérience que l’enfant fait de son propre jour, et non ce qui sert les sentiments de l’un ou l’autre adulte ou la rivalité entre eux.

Ça tranche la plupart des questions difficiles. Une fête commune seulement si elle offre vraiment à l’enfant un moment chaleureux, pas si c’est une mise en scène tendue. Des cadeaux qui correspondent à l’enfant, pas des cadeaux qui gagnent. Une organisation où l’enfant se sent à l’aise, pas une organisation qui sert le sens de l’équité d’un adulte aux dépens de l’enfant. Dans le doute, sur n’importe quelle question d’anniversaire, ce qui départage, c’est l’expérience réelle que l’enfant fait de son jour réel.

Tant qu’on s’y tient, les anniversaires après la séparation peuvent être vraiment heureux. L’enfant de deux foyers peut avoir, en fait, plus de fête qu’avant : deux gâteaux, deux groupes de gens contents de marquer son jour, une abondance plutôt qu’une perte, tant que les adultes gardent l’attention sur l’enfant et hors de la rivalité. Cette abondance est offerte à ton enfant chaque année, si tu laisses le jour être le sien.

Pour finir

Les anniversaires après la séparation soulèvent de vraies questions, une fête ou deux, commune ou séparée, qui paie, comment fonctionnent les cadeaux, et elles sont gérables tant qu’on s’en tient à un seul principe : le jour appartient à l’enfant. Deux fêtes séparées sont souvent l’option qui crée le moins de tensions ; une fête commune n’est un cadeau que si les deux parents peuvent vraiment être détendus et tournés vers l’enfant plutôt que tendus. Gère le budget et les cadeaux par une coordination calme, pas par la rivalité, en découplant ce que tu offres de ce qu’offre l’autre foyer. Et prends chaque décision d’anniversaire en te demandant ce qui sert l’expérience que l’enfant fait de son propre jour.

L’anniversaire de ton enfant peut être un jour d’abondance, plus de gens contents de le fêter, pas moins. Garde-le à lui, garde la rivalité hors de lui, et laisse-le avoir son jour.

L’anniversaire appartient à ton enfant, pas à la question de savoir quel foyer le remporte. Garde-le à lui, et il pourra contenir plus de joie qu’avant, pas moins.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.