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Module 11 · Nouvelles relations et familles recomposées

Les fêtes, les cadeaux et la nouvelle famille

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Les fêtes, les cadeaux et la nouvelle famille

Les fêtes, les cadeaux et la nouvelle famille

La grande fête de l’année approche, et cette année la carte est plus compliquée que la dernière fois. Il y a ton foyer. Il y a le foyer de ton co-parent, qui comprend maintenant un nouveau partenaire, et peut-être les enfants du nouveau partenaire, et peut-être toute une famille élargie que tu n’as jamais rencontrée. Ton enfant va passer par plusieurs célébrations, plusieurs tables, plusieurs séries de cadeaux. Et quelque part dans l’organisation, une petite voix de rivalité demande si ta fête à toi sera à la hauteur de la leur.

Les fêtes et les grands rendez-vous de l’année, c’est là que les familles recomposées sont les plus visibles, et les plus chargées. La distribution élargie, les célébrations multiples, la dynamique des cadeaux, tout ça peut transformer une saison censée être chaleureuse en une saison de comptes silencieux. Cet article parle de garder le regard là où il doit être, sur un enfant qui a le droit de profiter de tout ça, plutôt que sur un concours entre foyers.

Le principe. Que ton enfant ait plus de gens qui le célèbrent et plus de tables où s’asseoir, c’est, pour lui, de l’abondance. Au moment où les adultes en font une compétition, l’abondance tourne en test de loyauté. Faire que ça reste de l’abondance, c’est tout le travail.

Le piège de la compétition de cadeaux

Le piège le plus courant, c’est la course à l’armement des cadeaux. Le foyer de ton co-parent, peut-être avec les moyens supplémentaires du nouveau partenaire, offre un cadeau plus gros, plus tape-à-l’œil. L’envie de s’aligner, de surenchérir, de s’assurer que c’est ton cadeau dont ton enfant se souviendra, est forte et presque universelle.

Ça vaut la peine de voir le piège clairement. Une compétition de cadeaux, c’est des adultes qui se servent des présents pour rivaliser pour l’affection d’un enfant, et les enfants sentent la dynamique même quand ils ne savent pas la nommer. L’enfant qui sent que les cadeaux portent en réalité sur la question de quel foyer l’aime le plus, ou de quel foyer est en train de gagner, se voit remettre une angoisse au beau milieu de ce qui devrait être un moment heureux. Le cadeau cher acheté pour suivre le rythme n’est pas vraiment pour l’enfant. C’est un coup dans une partie où l’enfant n’est pas entré.

La sortie, c’est de découpler entièrement ce que tu donnes de ce qu’ils donnent. Offre ce qui convient à ton enfant et à tes moyens, pas ce qui répond au cadeau de l’autre foyer. Si le foyer de ton co-parent offre le gros cadeau cette année, ça ne t’oblige pas à t’aligner. Que ton cadeau soit réfléchi et qu’il soit le tien compte davantage, pour la relation, que le fait qu’il soit le plus gros. Les enfants se souviennent du parent qui les connaissait, pas du parent qui a dépensé plus que l’autre.

Là où c’est possible et où le canal le permet, une coordination légère aide. Un message rapide pour éviter que les deux foyers achètent la même chose, ou pour se partager un cadeau plus important que l’enfant veut, transforme une rivalité potentielle en simple coopération. Toutes les relations de co-parentalité ne peuvent pas y arriver. Quand la tienne le peut, ça épargne à l’enfant les cadeaux en double et ça épargne aux deux foyers la course à l’armement.

La question des célébrations multiples

Un enfant dans une famille recomposée se retrouve souvent avec plusieurs versions de la même célébration. Une chez toi, une chez ton co-parent, peut-être une avec la famille élargie du nouveau partenaire. Les parents s’inquiètent parfois que ce soit déroutant ou excessif pour l’enfant.

Pour la plupart des enfants, ce n’est pas un problème. Les enfants s’adaptent sans peine aux célébrations multiples et ont tendance à les vivre plutôt comme une bonne chose, pas comme un fardeau, du moment que les adultes ne les chargent pas de tension. Deux gâteaux d’anniversaire, ce n’est pas une épreuve pour un enfant de sept ans. Plusieurs rassemblements au fil d’une saison de fêtes, c’est, pour un enfant, surtout plus d’amusement et plus de gens contents de le voir.

Ce qui fait tourner ça à l’aigre, c’est la tension des adultes ajoutée par-dessus. La célébration où un parent interroge l’enfant sur l’autre célébration. Le rassemblement où l’enfant sent qu’il doit minimiser à quel point il a aimé l’autre. Le planning disputé si âprement que l’enfant arrive à la fête déjà sur ses gardes. La multiplicité en elle-même n’a rien de grave. C’est la tension autour qui fait le mal.

Alors le travail, c’est surtout de laisser chaque célébration être sa propre bonne chose. Quand ton enfant revient plein d’histoires sur la célébration de l’autre foyer, accueille-le avec chaleur. Ça a l’air super, je suis vraiment content. Ça libère l’enfant de profiter de chaque table où il s’assoit, ce qui est tout l’intérêt d’avoir plus de tables.

Les gens de la nouvelle famille

Un nouveau partenaire arrive souvent avec son propre monde. Ses enfants, ses parents, sa famille élargie. Aux fêtes, ton enfant peut se retrouver intégré à tout un nouvel ensemble de proches, avec leurs traditions, leurs rassemblements, leurs façons de vivre la saison.

Ça peut remuer quelque chose chez un parent, le sentiment de voir son enfant absorbé dans une famille qui n’est pas la sienne, qui célèbre d’une façon dont tu ne fais pas partie. Le sentiment se comprend. Le recadrage, c’est celui du réservoir de ressources. Plus de gens qui incluent ton enfant, qui lui font une place à table, qui le célèbrent, c’est un élargissement du tissu de bienveillance autour de ton enfant, pas une dilution de ta famille.

Ton enfant peut avoir sa place à la table de la famille du nouveau partenaire et à la tienne. Ces deux-là ne sont pas plus en concurrence que l’amour de ton enfant pour un grand-parent n’est en concurrence avec son amour pour toi. Un enfant accueilli chaleureusement dans une famille élargie au moment des fêtes est un enfant qui a de la chance, même quand cet élargissement est venu d’une séparation que personne ne voulait.

La dimension des quasi-frères et quasi-sœurs, quand les enfants du nouveau partenaire et les tiens cheminent dans des célébrations partagées, a son propre long arc, traité dans l’article sur ce sujet plus tôt dans ce module. Aux fêtes en particulier, l’essentiel, c’est la patience. Les célébrations en famille recomposée mettent des années à trouver leur rythme. Les premières peuvent être maladroites. C’est normal, ce n’est pas un signe d’échec.

Coordonner sur la carte élargie

La couche pratique des fêtes en famille recomposée est plus complexe que la version à deux foyers, simplement parce qu’il y a plus de pièces en mouvement. Plus de foyers qui veulent du temps, plus d’événements, plus de plannings à articuler.

Quelques points la rendent gérable. Anticipe, parce que la carte élargie a besoin de plus de marge pour se coordonner. Tiens l’expérience de l’enfant comme priorité, pas l’équité du partage entre adultes, quand surgissent les inévitables tensions de planning. Et garde la coordination dans le canal entre co-parents, factuelle et tournée vers l’avenir, plutôt que de la laisser devenir un référendum sur les prétentions de la nouvelle famille.

La mécanique détaillée des plannings de fêtes vit dans le module 18. Ici, la note propre à la famille recomposée, c’est juste que plus de fêtes veut dire plus d’organisation, et que l’organisation vaut la peine d’être faite avec calme et à l’avance, parce qu’une saison disputée jusqu’à la dernière minute est une saison que l’enfant passe sur ses gardes.

Pour finir

Les fêtes en famille recomposée amènent une distribution élargie et une plus forte tentation de rivaliser, surtout autour des cadeaux. Le chemin, c’est de découpler ce que tu donnes de ce qu’ils donnent, de laisser chaque célébration être sa propre bonne chose, et de traiter les gens de la nouvelle famille comme un élargissement du tissu de bienveillance autour de ton enfant plutôt que comme une menace pour ta propre famille. Que ton enfant ait plus de tables où s’asseoir, c’est de l’abondance, tant que les adultes n’en font pas un test.

Offre ce qui convient à ton enfant, accueille avec chaleur ses histoires des autres célébrations, et laisse la saison être, pour lui, simplement pleine.

Un enfant avec plus de gens contents de le célébrer est riche, pas divisé, à moins que les grands ne lui apprennent le contraire.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.