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Module 14 · La vie émotionnelle de ton enfant

Quand ton enfant écrit là-dessus pour l’école

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Quand ton enfant écrit là-dessus pour l’école

Quand ton enfant écrit là-dessus pour l’école

Le devoir arrive dans le cartable. Raconte ta famille. Dessine ta maison. Mon week-end. Une rédaction sur une personne qui compte pour toi. Et quelque part dans la réponse de ton enfant, en quelques phrases toutes simples ou dans un dessin appliqué, il y a la séparation, les deux foyers, les sentiments qu’il porte depuis un moment, étalés sous les yeux d’un enseignant.

Ça peut te prendre au dépourvu. Tu vois ce qu’il a écrit, et voilà l’intérieur de l’expérience de ton enfant, parfois plus honnête sur le papier que tout ce qu’il a dit à voix haute. Peut-être que c’est factuel. Peut-être que c’est plus triste que tu ne le savais. Peut-être qu’il y a un détail qui pique, ou une version des faits qui n’est pas celle que tu raconterais. Et tu dois décider, vite, comment réagir.

Cet article parle de ce moment. Le devoir scolaire qui devient, sans que personne l’ait prévu, un morceau du travail émotionnel de ton enfant.

Pourquoi ça arrive

Les enfants digèrent ce qu’ils vivent par le jeu, par le dessin, et en grandissant, par l’écriture. Un devoir qui les invite à écrire sur leur famille ou sur leur vie leur offre un espace cadré et autorisé pour poser quelque chose qu’ils portent. Parfois ils le font exprès. Souvent ils le font sans tout à fait se rendre compte que c’est ce qui se passe. La consigne demande leur week-end, et la vérité de leur week-end comprend deux foyers, alors deux foyers, c’est ce qu’ils écrivent.

C’est sain. L’écriture fait quelque chose d’utile, elle donne une forme à l’expérience, elle met un sentiment dehors, elle transforme la chose du dedans en une chose du dehors qu’ils peuvent regarder. Un enfant qui écrit simplement sur ses deux foyers pour un devoir est, à sa petite échelle, en train de digérer sa situation. La page est un endroit sûr où la poser.

Ça peut aussi être la façon dont un sentiment devient visible pour les adultes pour la première fois. Un enfant qui ne veut pas parler de la séparation à la maison écrira peut-être librement là-dessus pour l’école, parce que la page expose moins que ton visage, parce que l’enseignant est un demi-pas plus loin, parce que le devoir donne une permission que la conversation ne donne pas. L’écriture peut être une fenêtre sur un intérieur que tu n’avais pas réussi à voir.

Lis sans corriger

Voici la discipline centrale, et elle est plus difficile qu’il n’y paraît. Quand tu vois ce que ton enfant a écrit, lis-le sans le corriger.

L’envie de corriger est forte, et elle prend plusieurs formes. L’envie de rectifier les faits, si sa version n’est pas tout à fait celle que tu raconterais. L’envie d’adoucir la tristesse, s’il a écrit quelque chose qui révèle plus de peine que tu ne l’espérais. L’envie de maîtriser le récit, s’il a écrit quelque chose sur toi, ou sur l’autre parent, que tu préférerais qu’un enseignant ne lise pas. Toutes ces envies sont compréhensibles, et agir dessus apprend à ton enfant que son récit honnête n’est pas sûr à donner.

Ce que l’enfant a écrit, c’est son expérience, avec ses mots, et son expérience a le droit d’être différente de la tienne. L’enfant de sept ans qui écrit qu’il a deux foyers maintenant et que ça lui manque, quand tout le monde vivait ensemble, ne se trompe pas sur les faits. Il rapporte son ressenti, qui est vrai pour lui. La pire réponse, c’est de le corriger. Bon, ce n’est pas vraiment comme ça que ça s’est passé. La page était un endroit sûr où poser une chose vraie, et la corriger dit à l’enfant que l’endroit sûr ne l’était pas, finalement.

Alors tu le lis, et tu le laisses être ce qu’il est. Si c’est factuel, tu le laisses factuel. Si c’est triste, tu le laisses triste. Si c’est une version des faits que tu n’aurais pas choisie, tu la laisses être sa version. Lire sans corriger est en soi une forme de respect pour la vie intérieure de ton enfant.

Réagir à ce que tu lis

Une fois que tu l’as lu, la réponse est le même fait-de-la-place tout en douceur sur lequel tout ce module est bâti.

Si l’écrit révèle un sentiment, tu peux le reconnaître, légèrement, sans en faire toute une affaire. J’ai lu ton histoire. On dirait que ça te manque, comme c’était avant. Ça dit à l’enfant que tu as vu, que tu as entendu, et que le sentiment est permis. Tu n’ouvres pas un interrogatoire, tu ne transformes pas le devoir en séance de thérapie, tu fais juste savoir que le sentiment a atterri en sécurité auprès de toi.

Ensuite tu suis son rythme. S’il veut parler, tu es disponible. S’il ne veut pas, tu laisses la porte ouverte et tu laisses faire. Certains enfants en diront plus une fois qu’ils savent que tu as lu sans broncher. D’autres ont dit tout ce qu’ils avaient à dire sur la page et n’ont pas besoin d’y revenir. Les deux sont très bien. L’écriture a fait son travail dans un cas comme dans l’autre.

Ce que tu ne fais pas, c’est féliciter l’écrit d’une façon qui transforme le sentiment en numéro, ou creuser pour obtenir plus que ce que l’enfant a offert, ou lui rapporter ta propre réaction. Si ses mots ont remué quelque chose de douloureux en toi, c’est à toi de le ressentir ailleurs. Le travail de l’enfant n’est pas l’endroit pour ta réaction à ce travail.

Quand l’écrit révèle quelque chose qui compte

De temps en temps, un devoir fait remonter quelque chose qui demande vraiment de l’attention. Un niveau de détresse au-delà du chagrin ordinaire. Une inquiétude que l’enfant porte tout seul. Quelque chose, dans son expérience de l’un des foyers, qui t’inquiète. L’écriture, justement parce qu’elle est plus honnête que la conversation, peut être le premier endroit où un vrai problème se montre.

Si ça arrive, l’écriture t’a rendu service en rendant la chose visible. La réponse, c’est de la prendre au sérieux sans submerger l’enfant. Ouvrir doucement la porte pour parler, au rythme de l’enfant. Quand l’inquiétude porte plus largement sur son bien-être, les articles sur l’enfant qui n’en parle pas, sur la thérapie, et, le cas échéant, les modules plus difficiles, montrent les étapes suivantes. L’école peut aussi être un partenaire ici. Un enseignant qui a donné le devoir et lu la réponse a peut-être remarqué la même chose que toi, et un échange discret avec lui peut aider. L’article sur l’enseignant qui sait, dans le module sur l’âge scolaire, traite de cette relation.

La plupart du temps, pourtant, l’écriture n’est pas une crise. C’est juste ton enfant qui fait le travail ordinaire de donner du sens à sa vie sur une page qu’un enseignant lui a demandé de remplir. Lis-le avec bienveillance, laisse-le tel quel, et fais savoir à ton enfant que c’est arrivé en sécurité.

Pour finir

Quand ton enfant écrit sur la séparation pour l’école, le devoir est devenu un morceau de son travail émotionnel, souvent plus honnête que tout ce qu’il a dit à voix haute. La discipline centrale, c’est de lire sans corriger, en résistant à l’envie de rectifier les faits, d’adoucir la tristesse ou de maîtriser le récit, parce que la page était un endroit sûr où poser une chose vraie et que la corriger referme cet endroit. Reconnais le sentiment légèrement, suis son rythme, et là où l’écrit révèle quelque chose qui compte vraiment, prends-le au sérieux sans le submerger.

Ton enfant a posé quelque chose de vrai sur une page. La chose la plus douce que tu puisses faire, c’est de la laisser être vraie, et de lui faire savoir que tu l’as vue sans avoir besoin de la changer.

Il a été assez honnête pour le poser sur la page. Lis-le comme il a été écrit, et ne va pas chercher le stylo rouge.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.