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Module 17 · Quand l'autre parent ne va pas bien

Quand chercher un soutien professionnel

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

Tous les âges7 min de lecture
Quand chercher un soutien professionnel

Quand chercher un soutien professionnel

Dans beaucoup des situations que ce module décrit, il arrive un moment où la réponse honnête, c’est qu’un parent ne devrait pas porter ça tout seul, et que la bonne étape suivante, c’est une aide professionnelle. Mais quel professionnel, pour quoi, et à quel moment ? Le paysage peut être déroutant : thérapeutes, avocats spécialisés en droit de la famille, médiateurs, protection de l’enfance. Et un parent en détresse ne sait souvent pas à quelle porte frapper, ni même si frapper à l’une d’elles serait exagéré.

Cet article est une carte. Il pose les grands types de soutien professionnel disponibles quand un co-parent est défaillant, absent, en souffrance ou dangereux, et il dit dans quel cas chacun est le bon recours. Il ne donne pas de conseils juridiques ni de détails propres à chaque pays : tout cela dépend de l’endroit où tu vis, et les services locaux figurent dans les versions adaptées. Mais il peut t’aider à comprendre les catégories d’aide et à les faire correspondre à ta situation.

Si tu n’es pas en sécurité dans ta relation, ou si tu crains pour la sécurité d’un enfant, cet article n’est pas le bon endroit pour commencer. Une aide existe, joignable tout de suite, et tu y as droit. Le reste de cette bibliothèque sera là quand tu seras prêt.

Demander de l’aide protège, ce n’est pas un échec

Avant la carte, un recadrage, parce que beaucoup de parents hésitent à demander de l’aide en ayant le sentiment que ce serait un échec, une escalade ou une réaction démesurée. Ce n’est rien de tout ça. Chercher le bon soutien professionnel quand une situation le justifie vraiment, c’est un signe de bonne parentalité, pas de parentalité ratée. Ça protège, ça n’attaque pas. Et demander de l’aide tôt, avant qu’une situation ne se dégrade, est en général plus sage que d’attendre la crise.

Les parents qui en souffrent le plus sont souvent ceux qui essaient de porter une situation impossible tout seuls, trop longtemps, par fierté, par peur, ou avec l’idée qu’ils devraient y arriver. Les situations de ce module, un co-parent profondément défaillant, une addiction, une maladie psychique, un soupçon d’aliénation, des inquiétudes pour la sécurité, dépassent vraiment ce qu’un parent peut, ou devrait, gérer seul. Et tendre la main vers la bonne aide professionnelle est la réponse forte et sage, pas la réponse faible. Garde ça en tête en lisant la carte : frapper à la bonne porte est une chose dont on peut se sentir fier, pas coupable.

La voie thérapeutique

La première catégorie, et la plus large, c’est le soutien thérapeutique : pour l’enfant, pour toi, ou pour la relation entre co-parents.

Un soutien thérapeutique pour l’enfant peut aider un enfant aux prises avec les effets d’un co-parent difficile, le deuil d’un parent défaillant ou absent, le poids de l’addiction ou de la maladie d’un parent, les conflits de loyauté et la confusion. Un enfant qui porte ces fardeaux gagne souvent à disposer d’un espace professionnel pour les déposer, à l’écart de l’un comme de l’autre parent. C’est approprié dès qu’un enfant traverse vraiment des difficultés que ton seul soutien ne suffit pas à apaiser.

Un soutien thérapeutique pour toi vient épauler le parent qui porte une situation lourde : l’épuisement, la colère, le chagrin, le stress de co-parenter avec quelqu’un de défaillant ou en souffrance. C’est le travail « pour toi » rendu concret, et c’est approprié dès que la charge t’use, ce qui, dans ces situations, arrive souvent. Ton propre soutien t’aide à rester le parent stable dont ton enfant a besoin.

Un thérapeute familial, ou un professionnel rompu aux dynamiques de co-parentalité, peut aider sur la complexité relationnelle et situationnelle, y compris pour évaluer ce qu’un parent seul ne peut pas voir avec recul, comme les dynamiques autour d’un soupçon d’aliénation ou la relation abîmée d’un enfant avec un parent. C’est approprié quand la complexité de la situation dépasse ta capacité à la comprendre ou à la gérer seul, ce vers quoi pointent à la fois l’article sur l’aliénation et celui sur les retours difficiles.

La voie thérapeutique est le bon recours pour le travail large et continu qui consiste à aider un enfant et un parent à tenir face à une situation difficile, et elle est appropriée bien plus tôt que beaucoup de parents ne l’imaginent. Pas besoin d’une crise pour justifier un soutien thérapeutique : une tension qui dure suffit.

La voie juridique et la médiation

Une deuxième catégorie touche à la structure et aux règles de l’organisation entre co-parents, quand celles-ci doivent changer ou être respectées.

La médiation, que son module dédié détaille, aide deux parents en désaccord mais encore capables, avec un appui, de négocier et de trouver des arrangements tenables sur les points qui les opposent. Elle est appropriée quand il y a de vrais désaccords à résoudre et que les deux peuvent s’y engager de bonne foi, et c’est en général un premier recours moins frontal et moins coûteux que la voie juridique.

Un avocat spécialisé en droit de la famille devient pertinent quand la situation a besoin d’un cadre ou d’une protection juridiques que la médiation ne peut pas apporter : quand l’organisation doit être formalisée ou modifiée par le droit, quand l’un des parents refuse la médiation, quand le bien-être d’un enfant exige des protections légales, ou quand tu ne connais vraiment pas tes droits et tes responsabilités et que tu as besoin de les connaître. Les articles du module médiation sur le moment où l’avocat doit entrer en jeu, et sur le moment où la médiation ne suffit plus, détaillent ce seuil. Consulter un avocat n’est pas forcément un geste d’agression ; c’est parfois simplement faire le point sur ta situation et sur les protections qui existent, une information qu’il est sensé d’avoir.

La voie juridique et la médiation est le bon recours quand le problème est structurel, l’organisation elle-même, les règles, leur respect, plutôt qu’avant tout émotionnel ou thérapeutique. Souvent, les deux voies avancent ensemble : un soutien thérapeutique pour les personnes, un soutien structurel pour l’organisation.

La voie de la protection de l’enfance

La troisième catégorie est la plus grave et la plus importante à poser clairement : la protection de l’enfance, pour les situations où la sécurité d’un enfant est réellement en jeu.

Quand il y a une inquiétude réelle pour la sécurité physique ou psychique d’un enfant, maltraitance, négligence grave, danger auprès d’un parent, cela relève des services de protection de l’enfance et, le cas échéant, de la police, pas d’une démarche en solitaire, d’un thérapeute seul, ou de ta propre enquête. C’est le socle de sécurité sur lequel ce module revient sans cesse : la sécurité d’un enfant n’est pas une affaire que l’on bricole seul, et les professionnels qui existent pour ça sont le bon recours, et le seul à la hauteur. Ton médecin traitant est souvent un bon premier contact, à la fois parce qu’il peut évaluer un enfant et parce qu’il est tenu d’agir face à une situation préoccupante et peut t’orienter vers les bons services.

Faire appel à la protection de l’enfance peut sembler énorme, effrayant, définitif, et les parents hésitent parfois par peur des conséquences ou par doute sur le bien-fondé de leur démarche. Mais là où la sécurité d’un enfant est réellement en jeu, c’est exactement le recours qui existe pour ça, et y avoir recours protège. Si tu n’es pas sûr qu’une inquiétude atteigne ce niveau, cette incertitude est en soi une bonne raison de consulter un professionnel, ton médecin ou une ligne d’écoute dédiée à l’enfance en danger, qui peut t’aider à comprendre s’il faut agir, et comment. Tu n’as pas besoin d’être certain pour demander conseil.

La voie de la protection de l’enfance est le bon recours dès que la sécurité réelle d’un enfant est en question, et elle prime sur les approches plus douces, soucieuses de préserver la relation, que décrit le reste de ce module, parce que la sécurité passe avant tout.

Pour finir

Quand un co-parent est défaillant, absent, en souffrance ou dangereux, il arrive souvent un moment où porter ça seul n’est plus juste, et où chercher une aide professionnelle protège et fait preuve de sagesse, au lieu d’être un échec ou une réaction démesurée. La voie thérapeutique, pour l’enfant, pour toi, ou pour les dynamiques de co-parentalité, c’est le soutien large et continu pour tenir, approprié bien plus tôt que beaucoup de parents ne l’imaginent. La voie juridique et la médiation touche à la structure de l’organisation elle-même, quand les règles doivent changer ou être respectées. Et la voie de la protection de l’enfance est pour les situations où la sécurité d’un enfant est réellement en jeu, qui relèvent des professionnels et des autorités, pas d’une démarche en solitaire, parce que la sécurité passe avant tout. Quand tu ne sais pas à quelle porte frapper, un professionnel peut t’aider à trouver la bonne.

Tu n’as pas à porter ces situations tout seul, et tendre la main vers la bonne aide professionnelle est l’une des choses les plus fortes que tu puisses faire pour ton enfant. Ajuste l’aide au besoin, frappe à la bonne porte tôt plutôt que tard, et laisse les personnes formées pour ces situations t’aider à les porter.

Demander de l’aide protège, ce n’est pas un échec. Ajuste la voie au besoin, le thérapeutique pour tenir, le juridique pour l’organisation, la protection de l’enfance pour la sécurité, et frappe à la porte tôt plutôt que de porter l’impossible tout seul.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.