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Months 3 To 12

Le rendez-vous médical que tu repoussais

By the dip team · 6 min de lecture

Le rendez-vous médical que tu repoussais

Étape 2 · Mois 3 à 12 · Article 130 · Wave 3


Il y a un rendez-vous que tu te promets de prendre. Le truc chez le dentiste que tu ignores depuis un an. La consultation chez le médecin pour ce symptôme dont tu décides à chaque fois que ce n’est sans doute rien. Le frottis, la prise de sang, le grain de beauté, l’ordonnance qui a expiré, l’ophtalmo que tu n’as pas revu depuis avant la séparation. Au plus fort de la tempête, l’entretien de ta propre santé est discrètement tombé de la liste, parce que toute ta bande passante partait dans la survie et dans les enfants, et qu’il n’en restait rien pour l’affaire lente, ennuyeuse et importante de prendre soin de toi. Maintenant, tu es à quelques mois du pire, et les rendez-vous repoussés sont toujours là, à attendre.

Cet article parle de les régler. Pourquoi l’entretien de la santé passe à la trappe pendant une séparation, pourquoi ça compte de t’y remettre maintenant, et comment venir à bout du retard sans que ça devienne un énième chantier qui t’écrase.

Pourquoi c’est passé à la trappe

C’est passé à la trappe pour des raisons compréhensibles. En période de crise, l’entretien à feu doux du corps, le préventif, la routine, le pas-encore-urgent, c’est la première chose qu’on lâche, parce que rien de tout ça ne te crie dessus et que tout le reste, si. Tu as fait le tri, à juste titre, vers l’urgent, et ta santé non urgente perdait à chaque fois.

Il y a aussi une raison plus sourde. Bien prendre soin de son propre corps suppose un sentiment de fond : celui de valoir la peine qu’on s’en occupe, et la séparation peut écorner ça. Quand tu es en plein chagrin, vidé, ou avec le sentiment d’avoir échoué à quelque chose d’essentiel, la motivation de prendre le rendez-vous pour le frottis ou de creuser le symptôme baisse, parce qu’une part de toi a cessé de faire passer ta propre continuation en priorité. Ça vaut la peine de le nommer avec douceur, parce que si c’est en partie ce qui se joue, le retard ne porte pas vraiment sur le fait d’être débordé. Il porte sur la façon dont tu te sens vis-à-vis de toi-même, et ça mérite autant d’attention que les rendez-vous.

Et parfois, il y a de l’évitement. Le symptôme dont tu décides à chaque fois que ce n’est rien est peut-être celui que tu as un peu peur de faire regarder, et l’année a déjà contenu assez de peur. Le repousser semble plus sûr. Ça ne l’est pas.

Pourquoi maintenant

Quelques raisons qui font de ce moment le bon pour t’y remettre.

Le chaos aigu s’est assez posé pour que tu aies un peu de bande passante à nouveau, et c’est exactement la fenêtre avant que la phase suivante de la vie ne la remplisse. Si tu ne le fais pas maintenant, dans le calme relatif du milieu, ça a tendance à glisser encore plus loin.

La séparation, en elle-même, a coûté cher au corps. Un stress prolongé touche le sommeil, la tension, le ventre, le système immunitaire, et le reste. L’année a fait quelque chose à ton corps, et un bilan après un stress majeur, c’est de l’entretien sensé, pas de l’hypocondrie.

Et tu es désormais celui sur qui tes enfants comptent le plus. L’argument de prendre soin de ta santé était jusque-là partagé entre deux parents ; maintenant, une plus grande part de la sécurité des enfants repose sur le fait que tu ailles bien et que tu sois là. Ce n’est pas un argument de culpabilité, c’est un argument pratique : ta santé est devenue porteuse pour la famille d’une façon qu’elle ne l’était pas, et l’entretenir fait partie du travail.

Comment venir à bout du retard

L’astuce, c’est de ne pas traiter ça comme un seul chantier géant qui t’écrase, parce que ça garantit que ça reste en plan.

Fais la liste, puis passe un seul appel. Note au même endroit chaque chose de santé repoussée : le dentiste, le médecin, l’ophtalmo, l’ordonnance expirée, le dépistage que tu dois faire. La voir comme une liste finie plutôt que comme un vague nuage d’appréhension la rétrécit. Puis prends exactement un rendez-vous aujourd’hui. Pas tous. Un.

Commence par le plus facile. Démarre par l’élément le moins lourd, celui qui fait le moins peur, le dentiste, le test de vue, histoire de lancer la dynamique. Chaque rendez-vous pris rend le suivant plus facile, et deux ou trois victoires rapides installent le sentiment que le retard est en train de bouger.

Occupe-toi du rendez-vous qui fait peur exprès, et vite. Le symptôme que tu évites, la chose dont tu décides à chaque fois que ce n’est rien, prends ce rendez-vous-là volontairement, tôt, pas en dernier. La peur qui te le fait repousser est précisément la raison pour laquelle il devrait passer près du début. Quoi que ce soit, savoir vaut presque toujours mieux que l’appréhension sourde de ne pas savoir, et l’immense majorité de ces choses se révèlent rassurantes ou faciles à régler. (Si vraiment tu n’arrives pas à t’y résoudre, dire à un ami que tu vas prendre ce rendez-vous, et lui demander de vérifier que tu l’as fait, aide plus que la volonté.)

Sers-toi d’un seul rendez-vous pour faire remonter le reste. Une seule consultation chez le médecin traitant peut souvent régler plusieurs choses à la fois : le symptôme, l’ordonnance expirée, le dépistage que tu dois faire, une conversation sur la façon dont tu dors et dont tu te sens. Tu n’as pas besoin d’un trajet par chose. Apporte la liste.

Parle au médecin de cette année. Ça vaut la peine de le dire clairement au rendez-vous : tu as traversé une séparation, ça a été dur physiquement et mentalement, et tu rattrapes une santé que tu as laissée filer. Ça lui donne le contexte pour vérifier les bonnes choses, dont ta santé mentale, et c’est une ouverture toute naturelle si l’humeur en berne, le sommeil ou l’alcool sont aussi des sujets que tu veux aborder.

Pour finir

Le rendez-vous médical que tu repoussais est l’un de ces petits gestes sans gloire pour prendre soin de toi qui disent, tout doucement : je vaux la peine qu’on m’entretienne. Il est passé à la trappe pour de vraies raisons, et maintenant, dans le calme relatif du milieu, c’est le moment de t’y remettre, avant que la vie ne remplisse la fenêtre et tant qu’une plus grande part de la sécurité de tes enfants repose sur le fait que tu ailles bien. Fais la liste. Passe un appel aujourd’hui. Prends tôt le rendez-vous qui fait peur. Tu as passé une année difficile à faire tenir tout le monde. Ton propre corps a le droit de revenir sur la liste maintenant, vers le haut.

En bref

  • L’entretien de la santé passe à la trappe en période de crise parce que tu tries vers l’urgent, et parfois parce que l’atteinte à l’estime de toi baisse la motivation de prendre soin de toi.
  • Remets-t’y maintenant : tu as un peu de bande passante à nouveau, l’année de stress a coûté cher au corps, et ta santé est devenue porteuse pour les enfants.
  • Ne traite pas ça comme un chantier géant. Fais la liste complète, puis passe un seul appel aujourd’hui.
  • Commence par le plus facile pour la dynamique ; prends tôt celui qui fait peur, celui que tu évites, pas en dernier ; savoir vaut mieux que l’appréhension.
  • Sers-toi d’une seule consultation pour couvrir plusieurs choses, et parle de la séparation au médecin pour qu’il vérifie les bonnes choses, dont ta santé mentale.

Prendre soin de ton propre corps, c’est le geste discret qui dit que tu vaux la peine qu’on t’entretienne. Tu as fait tenir tout le monde pendant une année difficile. Tu as le droit de revenir sur la liste maintenant.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.