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First 90 Days

Ce que ton corps est en train de faire

By the dip team · 9 min de lecture

Ce que ton corps est en train de faire

Étape 1 · Les 90 premiers jours · Article 06 · Wave 1


Dans les 90 premiers jours d’une séparation, ton corps fait des choses que tu ne lui as pas demandées. Le sommeil se casse. L’appétit déraille. Le cœur s’emballe. Soit tu pleures pour un rien, soit tu n’arrives pas du tout à pleurer. Rien de tout ça n’est dans ta tête.

Cet article explique ce qui se passe vraiment, sur le plan physique : les sept effets les plus courants et quoi faire pour chacun, le moment où la réaction du corps est normale et celui où elle a besoin qu’on intervienne, et les gestes de récupération simples qui marchent dans cette première période.

Ce que la séparation fait au corps

Une séparation, surtout dans sa phase aiguë, c’est un stress qui dure. Le corps la traite comme une menace, pas une menace au sens figuré, une vraie. Ton système nerveux a été câblé, sur des millions d’années d’évolution, pour réagir à la perte d’un lien d’attachement majeur comme si ta survie était en jeu. Le fait que tu saches, dans ta tête, que ta survie n’est pas menacée n’y change rien.

La réaction de menace du corps, ça comprend :

  • Du cortisol en hausse (l’hormone du stress)
  • Plus d’adrénaline
  • La digestion mise au ralenti
  • Un sommeil désorganisé
  • Des défenses immunitaires plus basses
  • Plus d’inflammation
  • Plus de tension musculaire
  • Un appétit perturbé (le plus souvent coupé, parfois augmenté)
  • Une libido en baisse
  • Le cerveau dans le brouillard et du mal à se concentrer

Tout ce paquet de réactions, qui arrive en même temps, c’est ce que les gens ressentent comme « les premiers mois, on se sent bizarre dans son corps ». Ce n’est pas psychologique. C’est de la chimie.

La bonne nouvelle : cet état n’est pas permanent. Le corps a ses propres mécanismes de remise en route. La plupart des effets physiques aigus s’apaisent en 90 à 180 jours, même sans rien faire de particulier, du moment que tu ne travailles pas activement contre la récupération de ton corps.

La mauvaise nouvelle : travailler contre, c’est plus facile que tu ne le crois.

Les sept effets les plus courants, et quoi faire

1. Le sommeil qui se casse

Ce qui se passe : le cortisol reste élevé jusque dans la nuit et perturbe les cycles de sommeil profond. Tu t’endors peut-être, mais tu te réveilles à 3 ou 4 heures du matin, souvent avec le cœur qui s’emballe et la tête qui tourne à plein régime.

Quoi faire :

  • Même heure de coucher, même heure de réveil, tous les jours, week-ends compris.
  • Pas d’écran pendant l’heure qui précède le coucher.
  • Pas d’alcool dans les quatre heures avant de te coucher (ça perturbe encore plus ces mêmes cycles).
  • Si tu te réveilles à 3 heures, ne lutte pas plus de 20 minutes. Lève-toi. Bois de l’eau. Fais un truc ennuyeux à lumière tamisée. Retourne au lit quand le sommeil revient.
  • Si le sommeil reste cassé au-delà de trois mois, parles-en à ton médecin.

2. L’appétit qui change

Ce qui se passe : chez certains, le stress coupe la ghréline (l’hormone de la faim), chez d’autres il la fait grimper. La plupart des parents en début de séparation mangent moins qu’ils ne le devraient. Une minorité mange plus qu’elle ne le voudrait.

Quoi faire :

  • Manger à l’heure, pas à la faim. Trois repas à des horaires réguliers.
  • Garde de quoi manger simple, à portée de main. Les premiers mois, ce n’est pas le moment de te lancer dans de nouvelles recettes.
  • Des protéines à chaque repas. Le corps est en plein travail de réparation et il lui faut les matériaux.
  • Si tu as perdu plus de 10 pour cent de ton poids en trois mois, ou pris plus de 10 pour cent, va voir un médecin.

3. Le cœur qui s’emballe, la poitrine serrée

Ce qui se passe : de l’adrénaline en continu. Le corps répète pour le moment où la menace arrivera, même quand tu es tranquillement sur le canapé.

Quoi faire :

  • Expire lentement. Souffler plus longtemps que tu n’inspires (4 secondes à l’inspiration, 6 secondes à l’expiration, pendant deux minutes) active le système nerveux parasympathique et calme l’emballement.
  • Marche. Vingt minutes dehors, idéalement avec la lumière du jour sur le visage. Léger, pas une punition.
  • Si la poitrine serrée est intense, qu’elle ne passe pas, ou qu’elle s’accompagne d’une douleur qui descend dans le bras, d’une douleur à la mâchoire ou de vertiges, ce n’est pas un symptôme de séparation. Appelle un médecin.

4. Pleurer pour un rien, ou ne pas arriver à pleurer

Ce qui se passe : le système qui régule les émotions est en surrégime et lâche par moments. Certains jours, tout te fait basculer. D’autres jours, tu te sens anesthésié et tu n’arrives pas à atteindre l’émotion qui devrait être là.

Quoi faire :

  • N’essaie de contrôler ni dans un sens ni dans l’autre. Le corps trouvera son propre rythme.
  • Ne retiens pas les larmes quand elles arrivent. Les retenir coûte plus cher que les laisser couler.
  • Ne force pas les larmes quand elles ne viennent pas. L’anesthésie, c’est le corps qui se protège ; le plus souvent, ça passe en quelques jours ou quelques semaines.
  • Si l’anesthésie dure plus d’un mois sans aucune variation, là, c’est une conversation à avoir avec un ou une psy.

5. La libido en baisse

Ce qui se passe : le cortisol et le chagrin font tous les deux baisser le désir. C’est universel en début de séparation et ce n’est pas le signe que quelque chose ne va pas chez toi.

Quoi faire :

  • Ne t’en fais pas pour ça.
  • Le désir revient en général entre le 4e et le 9e mois.
  • Si tu avais une vie sexuelle avec toi-même avant, tu peux la reprendre quand tu en as envie. Sinon, ne te rajoute pas de pression.
  • Si ta libido était déjà basse avant la séparation, ce n’est pas le moment de creuser la question. Les premiers mois ne sont pas une bonne fenêtre pour faire le point.

6. Le cerveau dans le brouillard

Ce qui se passe : le stress chronique réduit la mémoire de travail et la concentration. Tu vas oublier des rendez-vous, perdre tes clés, passer à côté de détails évidents et avoir du mal à te concentrer sur les tâches compliquées.

Quoi faire :

  • Note tout. Ne fais pas confiance à ta mémoire dans cette période.
  • Réduis la complexité des décisions de la journée là où tu peux. Délègue ce qui peut l’être.
  • Évite les grandes décisions si tu peux les reporter. Le brouillard est bien réel, il finira par se lever, et les décisions prises pendant ce temps-là sont en général moins bonnes.
  • Si le brouillard reste aussi épais au-delà de quatre mois, parles-en à ton médecin : parfois c’est la séparation, parfois c’est une dépression, parfois c’est autre chose.

7. La tension musculaire, surtout dans la mâchoire, la nuque et les épaules

Ce qui se passe : une crispation sourde et continue, le plus souvent sans t’en rendre compte. Le corps se tient littéralement serré pour ne pas se défaire.

Quoi faire :

  • Un relâchement conscient une fois par jour. Assieds-toi, fais un scan de ton corps, repère où tu retiens la tension, relâche. Elle reviendra ; relâche encore.
  • Des douches chaudes, des bains, ou une bouillotte sur les épaules.
  • Marche. La plupart des tensions musculaires se relâchent avec un mouvement régulier.
  • Si tu as des maux de tête de tension plus de deux fois par semaine, va voir un médecin ; le traitement, ou un autre geste, en vaut la peine.

Quand la réaction du corps a besoin qu’on intervienne

Tous les effets ci-dessus sont normaux dans les 90 premiers jours. Ils deviennent des signaux d’alerte quand :

  • Un seul effet est intense et ne s’améliore toujours pas au quatrième mois.
  • Plusieurs effets se combinent jusqu’à t’empêcher de fonctionner (tu loupes le travail, tu n’es plus présent pour ton enfant, tu sautes des repas régulièrement).
  • Tu prends des substances pour les gérer et la consommation augmente.
  • Tu as des pensées de te faire du mal, ou de faire du mal à d’autres, ou l’idée qui revient de disparaître.
  • Les symptômes du corps semblent déconnectés de la séparation (par exemple une douleur intense à la poitrine, des variations de poids brutales, une fièvre qui ne passe pas, des choses qui ne collent pas avec le tableau).

Dans chacun de ces cas, une consultation chez ton médecin traitant est le bon point de départ. Pas parce qu’il y a forcément quelque chose de grave, mais parce que le corps, en début de séparation, peut masquer autre chose, et qu’un point de 20 minutes clarifie beaucoup de choses.

Et s’il t’arrive de penser à te faire du mal ou à disparaître, n’attends pas : là, c’est le moment d’en parler à ton médecin traitant, ou de demander de l’aide tout de suite.

Les trois gestes qui marchent pour presque tout le monde

Ce sont les gestes qui, dans la plupart des séparations, font le plus baisser les symptômes physiques au cours des 90 premiers jours.

1. Marche tous les jours. Vingt à quarante minutes. Dehors. La lumière du jour sur le visage. Pas d’écouteurs pendant les dix premières minutes (laisse le système nerveux se remettre à zéro). C’est, de loin, le geste qui rapporte le plus pour le sommeil, le cortisol, l’humeur et l’appétit, dans cet ordre. Si tu ne dois retenir qu’une seule chose de cet article, c’est celle-là.

2. Bois beaucoup d’eau. Deux à trois litres d’eau par jour. Pas du café, pas du thé, de l’eau. Le corps traite plus de chimie de stress que d’habitude et il lui faut du volume pour l’évacuer. La plupart des parents en début de séparation sont un peu déshydratés, ce qui aggrave tout le reste.

3. Une hygiène de sommeil que tu tiens vraiment. Même heure de coucher et de réveil tous les jours, week-ends compris. Pas de téléphone dans la chambre. Une chambre plus fraîche que le reste du logement. Plus de caféine après 14 heures. Pris séparément, aucun de ces gestes n’a rien de spectaculaire. Mis ensemble, semaine après semaine, ils remettent en place l’architecture du sommeil que le cortisol désorganise.

Ce qui ne figure pas sur cette liste, et c’est notable : la méditation, les exercices de respiration, les régimes particuliers, les compléments, le sport intense. Certains de ces trucs aident certaines personnes. Aucun ne rapporte autant, pour tout le monde, que les trois du dessus. Commence par les bases. Tu rajouteras le reste plus tard si tu en as envie.

En bref

Dans les 90 premiers jours, le corps est en réaction de menace permanente. Attends-toi à :

  • Un sommeil qui se casse
  • Un appétit qui change
  • Le cœur qui s’emballe
  • Des larmes pour un rien, ou l’anesthésie
  • Une libido en baisse
  • Le cerveau dans le brouillard
  • De la tension musculaire

Quoi faire :

  1. Marche tous les jours, 20 à 40 minutes, dehors.
  2. Bois 2 à 3 litres d’eau par jour.
  3. Une hygiène de sommeil, tenue dans la durée.
  4. Manger à l’heure, avec des protéines.
  5. Pas de grandes décisions pendant les pics de symptômes.

Quand consulter un médecin :

  • Un effet intense ou qui s’aggrave au-delà du quatrième mois.
  • Une variation de poids de plus de 10 pour cent.
  • Une consommation de substances qui augmente.
  • Des pensées de te faire du mal ou d’en faire à d’autres.
  • Des symptômes qui ne collent pas avec le tableau.

Pour finir

Le corps est en plein travail de réparation. L’essentiel de ce que tu as à faire, c’est de ne pas l’en empêcher.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.