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A Year And Beyond

La différence entre être disponible et être prêt

By the dip team · 7 min de lecture

La différence entre être disponible et être prêt

Étape 3 · Un an et au-delà · Article 143 · Wave 3 · Tendre


Tu es disponible. Les papiers sont réglés, la question du logement est posée, tu as des soirées de libres et une vie qui a de la place, et les gens ont commencé à te demander, gentiment ou sans détour, si tu penses à rencontrer quelqu’un. Sur le papier, tu es prêt. Et pourtant quelque chose en toi hésite, et tu ne sais pas toujours dire pourquoi, et tu as commencé à te demander si cette hésitation, c’est la peur qui te retient de quelque chose de bien, ou la sagesse qui te dit que ce n’est pas encore le moment. Les deux sont étonnamment difficiles à distinguer.

Cet article parle de l’écart entre être disponible et être prêt. Ce n’est pas la même chose, et les confondre, dans un sens comme dans l’autre, cause beaucoup de mal qu’on pourrait éviter. Ce qu’est vraiment le fait d’être prêt, pourquoi la disponibilité arrive en premier, et comment savoir si ton hésitation est une peur à traverser ou une sagesse à écouter.

La disponibilité tient aux circonstances ; le fait d’être prêt est intérieur

La disponibilité, ça tient à ta situation : tu es libre sur le plan légal et pratique, tu as le temps et l’espace, rien d’extérieur ne te retient. C’est une affaire de logistique, et ça arrive en général bien avant l’autre chose.

Être prêt, ça tient à ton état intérieur : est-ce que tu as suffisamment guéri pour rencontrer quelqu’un de nouveau en tant que personne réellement nouvelle, plutôt que comme un paquet de choses non réglées de la relation d’avant. Est-ce que tu rencontres depuis un endroit posé ou depuis une blessure, vers quelqu’un de réel ou vers ce que cette personne peut faire pour toi.

L’écart entre les deux, c’est là que vivent les ennuis. Tu peux être tout à fait disponible et pas prêt du tout, et notre culture, qui mesure ces choses en temps écoulé et en logistique, te dira que tu es bon pour y aller alors qu’à l’intérieur tu ne l’es pas. Les mois passés et la situation réglée disent disponible. Toi seul peux évaluer prêt, et cette évaluation vaut le coup d’être faite honnêtement avant d’engager le cœur de quelqu’un d’autre.

À quoi ressemble vraiment le fait d’être prêt

Être prêt, ce n’est pas être complètement guéri, ce qui placerait la barre à une hauteur impossible et que personne n’atteint vraiment. C’est plus précis que ça. Quelques repères.

Tu veux une personne, pas une fonction. Rencontrer quand on est prêt, c’est tendre vers le lien avec quelqu’un pour ce qu’il est. Rencontrer quand on ne l’est pas, c’est tendre vers ce qu’un partenaire apporte, une fin à la solitude, la preuve qu’on plaît encore, un moyen de se sentir moins en retard, une façon de tourner la page sur l’autre parent ou de le rendre jaloux. Si tu examines ce désir et qu’il est surtout question de combler un vide ou de prouver quelque chose, c’est de la disponibilité sans le fait d’être prêt, et la personne que tu rencontres sera mise dans le rôle d’une fonction plutôt que rencontrée comme une personne.

L’autre parent n’est plus le personnage principal. Si ta vie intérieure est encore largement organisée autour de ton ancien partenaire, la colère, les comparaisons, l’attente d’excuses, le dossier d’avoir raison, alors il occupe encore la place qu’il faudrait à quelqu’un de nouveau, et cette nouvelle personne finira dans une relation à trois. Être prêt, ça veut dire qu’il y a de la place, parce que l’autre parent s’est déplacé du centre vers les bords. (Plusieurs articles des ensembles sur la colère et le deuil parlent de libérer cette place.)

Tu peux être seul sans avoir besoin qu’on te sauve. Le repère le plus clair, à lui seul. Si tu as bâti une vie qui tient vraiment toute seule, les soirées en solo, les rituels, les amitiés, alors tu peux rencontrer depuis la plénitude, en choisissant quelqu’un parce qu’il ajouterait à une bonne vie. Si tu as encore besoin que quelqu’un te sauve de la solitude, tu rencontreras depuis le manque, ce qui mène à se contenter de peu, à trop s’accrocher, et à tolérer des choses qu’on ne devrait pas, parce que n’importe quoi semble mieux que l’alternative. Être prêt, ça veut dire que tu préférerais vraiment être seul plutôt qu’avec la mauvaise personne, et il faut avoir réellement bâti la vie où être seul va bien pour ressentir ça.

Tu as suffisamment fait ton deuil pour que la nouvelle personne ne soit pas un pansement. Si rencontrer quelqu’un est, au fond, une façon d’éviter de ressentir la perte, le chagrin ne fait qu’attendre, et il refait surface plus tard, à l’intérieur de la nouvelle relation, où il fait des dégâts. Être prêt, ça veut dire que tu t’es assez laissé pleurer pour ne pas te servir d’une nouvelle personne comme d’un anesthésiant.

Distinguer la peur de la sagesse

Alors quand tu hésites, qu’est-ce que c’est, une peur à traverser ou une sagesse à écouter ? Quelques questions aident.

Si tu imagines rencontrer quelqu’un et que l’hésitation est surtout j’ai peur d’être vulnérable à nouveau, d’avoir mal, de m’exposer, c’est en général de la peur, et c’est le genre qu’il vaut le coup de traverser doucement, parce qu’elle ne s’en va pas toute seule et que le seul remède, c’est de le faire. La peur de la vulnérabilité est normale et ne devrait pas te bloquer pour toujours.

Si tu imagines rencontrer quelqu’un et que l’hésitation est plutôt je n’ai pas encore de place, je ferais ça pour réparer quelque chose, j’amènerais l’autre parent là-dedans, je ne vais pas assez bien seul pour bien choisir, c’est en général de la sagesse, et ça vaut le coup de l’écouter, non parce qu’il faudrait attendre la perfection, mais parce que rencontrer depuis cet état tend à te faire du mal, à toi et à qui que ce soit que tu rencontres.

Le signe est souvent dans ce vers quoi tu tends. La peur t’éloigne de quelque chose que tu veux vraiment ; la sagesse te met en garde contre un désir qui porte en réalité sur autre chose. Si, sous l’hésitation, il y a un désir clair, tourné vers une personne, que la peur bloque, traverse-la. Si, en dessous, il y a surtout un vide que tu embaucherais quelqu’un pour combler, attends, et fais le travail de comblement toi-même d’abord.

Une note plus douce sur les délais

Il n’y a pas de bon nombre de mois, et quiconque t’en donne un avance au hasard. Certains sont prêts en un an, d’autres en trois, d’autres trouvent que le fait d’être prêt va et vient. Tu n’as pas à être une personne finie, parfaitement guérie, et attendre ça est une forme d’évitement à part entière. La barre, c’est le fait d’être prêt, pas la perfection : assez de place, assez de deuil fait, assez d’une vie où être seul va bien pour rencontrer depuis la plénitude plutôt que depuis le manque. Quand tu as ça, la disponibilité que tu avais déjà veut enfin dire quelque chose. D’ici là, rien ne presse, et le temps passé à te préparer n’est pas du temps perdu ; c’est ce qui rend bonne la rencontre, le moment venu.

Pour finir

Disponible et prêt, ce n’est pas la même chose. La disponibilité tient aux circonstances et arrive en premier ; le fait d’être prêt est intérieur et arrive quand tu as suffisamment guéri pour rencontrer quelqu’un de nouveau comme une personne nouvelle, plutôt que comme une fonction, un pansement ou une arme contre l’autre parent. Quand tu hésites, démêle la peur de la sagesse : traverse doucement la peur d’être vulnérable à nouveau, et écoute la sagesse qui dit qu’il n’y a pas encore de place. Il n’y a pas de bon délai, et la barre, c’est le fait d’être prêt, pas la perfection. Sois prêt, pas seulement disponible, et la personne que tu finiras par rencontrer aura le droit d’être rencontrée pour elle-même, ce qui est de toute façon la seule manière dont ça marche.

Référence rapide

  • La disponibilité tient aux circonstances (libre, le temps, l’espace) et arrive en premier ; le fait d’être prêt est intérieur (assez guéri pour rencontrer quelqu’un comme une personne nouvelle) et arrive plus tard.
  • Les repères du fait d’être prêt : tu veux une personne pas une fonction, l’autre parent n’est plus le personnage principal, tu peux être seul sans avoir besoin qu’on te sauve, et tu as assez fait ton deuil pour qu’une nouvelle personne ne soit pas un pansement.
  • Distinguer la peur de la sagesse : la peur t’éloigne de quelque chose que tu veux vraiment (traverse-la doucement) ; la sagesse met en garde contre un désir qui porte en réalité sur le fait de combler un vide ou d’atteindre l’autre parent (écoute-la).
  • Le signe, c’est ce vers quoi tu tends : une personne, ou une fonction.
  • Pas de bon délai, et la barre, c’est le fait d’être prêt, pas la perfection. Le temps passé à se préparer n’est pas perdu ; c’est ce qui rend la rencontre bonne.

Disponible tient aux circonstances et arrive en premier. Prêt est intérieur et arrive quand il y a de la place pour qu’une nouvelle personne soit rencontrée pour elle-même, pas comme un pansement ou une arme.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.