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A Year And Beyond

Les excuses que tu attends encore

By the dip team · 6 min de lecture

Les excuses que tu attends encore

Étape 3 · Un an et au-delà · Article 140 · Wave 3 · Tendre


Il y a des excuses que tu attends. La reconnaissance que l’autre avait tort, qu’il t’a fait du mal, que ce qu’il a fait, c’est ça qui a tout cassé. Tu l’as imaginée, parfois, cette conversation où il le dit enfin et où quelque chose en toi a le droit de se reposer. Et ça n’est pas venu, et à ce stade tu t’es à moitié avoué que ça ne viendra sans doute pas. Mais tu attends encore, quelque part en dessous, et l’attente elle-même est devenue un poids discret que tu portes jusque dans la deuxième année et au-delà.

Cet article parle de cette attente. Les excuses qui ne viennent pas, pourquoi tu les espères encore, pourquoi elles ont une telle emprise, et comment relâcher l’attente pour que ta paix arrête de dépendre de quelque chose que l’autre ne te donnera jamais.

Pourquoi ces excuses comptent autant

Vouloir ces excuses, ce n’est ni de la faiblesse ni de la mesquinerie. C’est tendre vers quelque chose de réel.

Des excuses confirmeraient ta réalité. Quand on t’a fait du mal et que l’autre ne l’a jamais reconnu, une part de toi se demande si ça s’est vraiment passé comme tu t’en souviens, si tu as le droit d’être aussi blessé que tu l’es. Sa reconnaissance réglerait ça. Elle rendrait le tort officiel, attesté, réel.

Des excuses ressembleraient à de la justice. Ça voudrait dire que la blessure ne s’est pas simplement évaporée, qu’elle a été enregistrée, qu’il y a eu une conséquence sous la forme de sa reconnaissance. Sans ça, le tort peut sembler effacé, comme s’il n’avait jamais compté.

Et des excuses, tu l’imagines, te libéreraient. Tu as relié ta capacité à avancer pleinement à sa reconnaissance, comme si tu ne pouvais pas fermer le chapitre tant qu’il ne l’a pas signé. L’attente, c’est en partie la croyance que ses mots sont la clé de ta propre liberté.

Tout ça se comprend. L’ennui, c’est que ça remet la clé de ta paix à la personne la moins susceptible, ou capable, de la tourner.

Pourquoi elles ne viendront sans doute pas

Ça aide d’y voir clair sur les raisons pour lesquelles ces excuses ne sont pas venues, parce que cette clarté rend le lâcher-prise plus facile.

Parfois l’autre ne croit pas qu’il avait tort, ou il s’en souvient autrement, ou il tient son propre récit dans lequel c’est toi le fautif. De l’intérieur de sa version, les excuses que tu veux n’ont aucun sens, et aucune attente ne changera une histoire qu’il se raconte sincèrement.

Parfois l’autre ne peut pas s’excuser sans affronter, sur lui-même, quelque chose qu’il n’est pas en mesure d’affronter, et l’autoprotection est plus forte que le besoin de réparation de la relation.

Et parfois, quelqu’un n’est tout simplement pas fait pour offrir le genre de reconnaissance pleine et nette que tu imagines. Les excuses que tu veux viennent, en un sens, d’une version de lui qui n’existe pas.

Rien de tout ça n’a de chances de bouger sur ton calendrier, ni même de bouger du tout. Ce qui veut dire qu’une attente accrochée à ses excuses est une attente qui peut ne jamais finir, et une paix accrochée à elles, une paix qu’on pourrait ne jamais te laisser avoir.

Relâcher l’attente

Le mouvement, ce n’est pas d’arrêter de vouloir ces excuses. Tu peux continuer à les vouloir ; c’est honnête. Le mouvement, c’est d’arrêter d’en avoir besoin, de décrocher ta paix de ses mots, pour avoir la liberté que tu attendais qu’il t’accorde.

Sépare le vouloir du besoin. C’est très bien de souhaiter qu’il le reconnaisse. Ça coûte cher d’en avoir besoin avant de pouvoir te reposer. Nommer la différence, j’aimerais ces excuses, et je ne vais plus attendre de les avoir pour bien vivre, c’est l’essentiel du lâcher-prise.

Donne-toi la reconnaissance que tu voulais de lui. Une part étonnamment grande de ce que les excuses auraient fait, tu peux te la donner toi-même. Tu peux confirmer ta propre réalité : ce qui s’est passé était réel, j’ai été blessé, ma blessure est légitime, je n’ai pas besoin de sa signature dessus. Le besoin d’un témoin extérieur s’apaise quand tu deviens un témoin fiable de ta propre expérience. Le dire clairement, pour toi, ou à un ami de confiance ou à un ou une psy qui te le renvoie, fait une grande partie du travail que tu espérais de ses excuses.

Fais le deuil de ces excuses comme d’une perte de plus. Les excuses qui ne viennent pas sont, en elles-mêmes, quelque chose à pleurer, une chose de plus que tu voulais de la relation et que tu n’auras pas. Te laisser ressentir la tristesse de il ne le dira jamais fait partie du lâcher-prise. L’attente persiste souvent parce que la perte de ces excuses n’a pas été pleurée, seulement refusée.

Remarque que la liberté a toujours été à toi à donner. La croyance que ses mots sont la clé de ton avancée, c’est la part à interroger le plus. La fermeture du chapitre n’a en fait jamais été entre ses mains. Tu peux le fermer toi-même, en décidant que ta paix n’attend plus après lui, et c’est cette décision, pas ses excuses, qui te laisse enfin te reposer.

Un mot sur les excuses qui finissent par venir

De temps en temps, bien plus tard, des excuses arrivent, parfois des années après, parfois partielles, parfois pas tout à fait celles que tu voulais. Si elles viennent, laisse-les être ce qu’elles sont sans avoir besoin qu’elles soient parfaites, et remarque que, d’ici là, tu t’étais en général déjà donné l’essentiel de ce qu’elles offrent. Et si tu as vraiment relâché l’attente, des excuses tardives se posent comme une petite grâce plutôt que comme la chose dont toute ta reconstruction était l’otage, ce qui est un bien meilleur endroit d’où les recevoir.

Pour finir

Les excuses que tu attends auraient confirmé ta réalité, ressemblé à de la justice, et semblé te libérer, et c’est pour ça que l’attente a une telle emprise. Mais accrocher ta paix à elles remet ta liberté à la personne la moins capable de l’accorder, et ces excuses, très probablement, ne viendront pas. Le lâcher-prise, ce n’est pas d’arrêter de les vouloir ; c’est d’arrêter d’en avoir besoin, de témoigner de ta propre réalité, de faire le deuil de ces excuses comme d’une perte de plus, et de remarquer que la liberté que tu attendais a toujours été à toi à donner. Tu peux fermer le chapitre. Tu n’as pas besoin de sa signature dessus.

Référence rapide

  • Attendre ces excuses, ce n’est pas de la mesquinerie : elles confirmeraient ta réalité, ressembleraient à de la justice, et sembleraient te libérer.
  • Elles ne viendront sans doute pas, parce que l’autre tient un autre récit, ne peut pas affronter ce que ça demanderait, ou n’est pas fait pour les donner, et rien de tout ça ne bouge sur ton calendrier.
  • Relâche l’attente en séparant le fait de les vouloir du fait d’en avoir besoin ; ta paix ne peut pas dépendre de ses mots.
  • Donne-toi la reconnaissance que tu voulais de lui, fais le deuil de ces excuses comme d’une perte de plus, et remarque que la liberté de fermer le chapitre a toujours été à toi.
  • Si des excuses tardives ou partielles viennent, laisse-les être une petite grâce plutôt que la chose dont ta reconstruction était l’otage.

Accrocher ta paix à ses excuses remet ta liberté à la personne la moins capable de l’accorder. Le chapitre a toujours été à toi à fermer. Tu n’as pas besoin de sa signature dessus.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.